Les lauréats de La Réunion

Les prix du concours attribués aux lauréats réunionnais par le jury limousin
(Remise des prix le jeudi 31 mars 2016)


 

Premier prix collectif de La Réunion :

Hermann Rousseau, Jeane Lancelot, Zamzam Assani, Patrice Barbe, Guylène Hoareau, Tony Banor, Anthony Léger, Nicolas Piot
Case à lire de La Ravine Blanche
Animatrice : Marie-Gaëlle Imanatche

 

r12Écoute, écoute le son de ma vie,
Ceci n’est pas qu’un bruit !
Ceci est mon tout, mon infini…
Même si il drache sur mes jours et mes nuits !
Écoute, écoute, elle me berce cette lumerotte !
Elle adoucit mes mœurs et me libère de mes menottes,
Pourtant si simple restent ses notes,
Pourtant si énorme reste le bien qu’elle m’apporte !
Et si un jour je deviens fada…
Elle restera toujours près de moi,
Elle fera bouger mes bras,
Rythmer vos pas,
Elle ambiance, sa mon kayamb sa !

 

photo_concours_clafoutisMa limousine est la plus belle
La plus tendre, un véritable chocolat enrobé de caramel
Ses couleurs, foncées, claires reflètent l’amour de nos terres
Lorsqu’il se met à dracher, en t’apercevant loin dans ces prés,
Mon cœur est vachement réconforté.
Ma limousine est quand même un peu fada
Et moi aussi je crois
Car j’ai l’impression de lui déclarer ma flamme.
Serait-ce un drame ?
Certes, c’est juste un animal,
Mais ma limousine n’est pas banale.
Sur ses 4 pattes elle n’est qu’adroite.
À elle je m’attache,
Même ses taches,
Elle les porte avec panache.
Aussi inséparable que mon réveil et mon état chafouin
Que serait la limousine sans le Limousin !!



Deuxième prix collectif de La Réunion
 :

Marie-Nicole Bataille, Jocelyne Clotagatide, Jean-Luc Techer, Philippe Persée, Monique Reboul, Pascaline Futol, Marie-Anise Lenclume, Nathalie Zettor, Luçay Carron, Marie-Isabelle Begue, Maximin René, Thierry Lucas, Jean-Luc Techer, Luçay Lamoly
Case à lire Aviron Jeunes
Animateurs : Samuel Angama et Siméon Cadas

 

r11Réunis sous cet arbre, un beau frangipanier,
En essayant de toucher l’oiseau majestueux,
Un petit paille-en-queue aux ailes déployées,
Nos mains s’entrelacent dessous ce beau ciel bleu.
Irrésistiblement attiré par l’humain,
On oublie un instant que l’oiseau est chafouin,
Ne comptez pas sur lui pour venir dans nos mains.

 

 

 

photo_concours_clafoutisLa vache est un mammifère herbivore,
Il y en a une qui a l’air vigousse.
Mais que peut-elle bien penser dans ce beau décor ?

On n’en verra pas de pareil dans la brousse.
Un endroit où la vache à l’air d’être un trésor,
Ses petits s’appellent des veaux, le mâle le taureau.
Il en faut plus que deux pour former un troupeau.
N’enviez pas notre région, chez vous c’est si beau.


 

Troisième prix collectif de La Réunion – Prix de la transmission (3 groupes) :

Groupe 1 : Brenda Manent, Jonathan Coll Coll, Ryan Surati, Karlina Elizane
Groupe 2 : 
Nazline Ahamada, Rafika Wakidou, Loïc Fougère
Groupe 3 : Roianfati Madi, Aninati Amadani, Salamata Boura
MLDS (Mission de lutte contre le décrochage scolaire) – classe de prépafoquale, 97400 Saint-Denis
Formateur : Michel Pastor

 

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LE ROMAZAVA (SE PRONONCE ROMAZAVE) – PLAT MALGACHE

Le romazava le repas indispensable dans une famille de culture malgache. Comme tous les dimanches nous organisons un grand repas de famille. Chacun fait ce qu’il veut comme plat et moi j’ai décidé de faire du romazava, avec de la viande de bœuf. Cette recette est ma spécialité car c’est très facile à préparer et très délicieux à manger. Le romazava est fait à base de brèdes, d’eau et de sel. Donc pour préparer mon plat je cours chez le dépanneur d’en face pour acheter du sel et des tomates, puis je grimpe dans l’arbre à brèdes pour les cueillir. Comme brède j’ai choisi la brède « mouroungue », mais il en existe de différentes sortes : mafana, cresson etc. Je commence à trier mes brèdes, je finis, puis je me mets à couper la viande pendant que je mets les brèdes à tremper dans l’eau. Enfin tous les ingrédients réunis je peux maintenant préparer et sentir le bon parfum de mon romazava. Ce parfum qui évoque pour moi ma culture malgache à laquelle je suis très attachée.
Mon plat terminé, la table dressée, chacun ramène sa marmite.
À table !! Les chafouins sourient enfin. Maman goûte mon plat et me dit : ton romazava est fabuleux ma fille. Tu as bien retenu la recette de ta grand-mère ! Tu devras toi aussi apprendre à tes enfants pour que nos traditions se perpétuent pour ne pas oublier nos racines.

(Groupe 1)

 

l7On ne peut trouver un aussi beau paysage qu’à la campagne. J’ai marché comme un fada pendant des kilomètres pour admirer cette nature que je trouve majestueuse.
Auparavant je suis passé chez un dépanneur pour pouvoir remplir mon sac à dos en vue d’un pique-nique.
Une pause me permettra d’apprécier davantage les beautés de cette nature qui s’offrent à moi.
Au fur et à mesure de ma randonnée, la chaleur montait. Je me suis alors arrêté pour me désaltérer.
Je sentais la fatigue et me dit qu’il était temps d’apprécier une ristrette, histoire de repartir avec entrain.
Le paysage vallonné était magnifique avec au loin une mare. Le vent faisait bouger les vignes et rafraîchissait très agréablement l’atmosphère chargé du soleil lourd de l’été.
Je me suis allongé sur l’herbe et me suis assoupi pendant un long moment.

(Groupe 1)

 

r3

MATABA AU POULET – RECETTE MAHORAISE

Durant mon enfance, j’ai pu goûter à plusieurs plats venant de mon pays natal : Mayotte.
Aujourd’hui je sais les préparer moi-même, notamment une recette qui m’est chère au cœur : le mataba.
J’ai eu l’occasion de le préparer avec ma tatie un jour de dracher, ce qui était très embêtant car le mataba doit cuire au feu de bois pendant 4 heures.
En attendant que la dracher s’arrête nous commençons à préparer les ingrédients et à les mélanger dans une grande marmite mais tout d’un coup je me suis rendue compte qu’il n’y avait plus de lait de coco. C’est un vrai problème car sans le lait de coco le mataba n’a pas le bon goût du mataba façon mahoraise. Donc j’ai couru chez le dépanneur du coin le plus vite possible avant qu’il ne ferme pour acheter mon lait de coco.
Une fois rentrée la pluie s’était arrêtée et tatie était en train de préparer le feu. Le sol était encore trempé et nous avons mis un morceau de tôle à même le sol. Ensuite nous avons mis du bois entre 2 briques et 2 morceaux de fer qui tenaient la marmite.
Au bout de 4 heures de cuisson, toute la famille a pu déguster ce bon mataba au poulet coco.
Nous avons terminé par une ristrette.

(Groupe 2)

 

l3Aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon fils. Aussi bien lui que moi attendons ce jour avec une grande impatience car c’est l’occasion de faire une fête entre amis. Pour nous un anniversaire c’est très important et doit toujours se fêter.
Nous avons donc décidé de lui organiser une petite surprise en son honneur même s’il se doute de quelque chose.
Il fait beau, c’est l’été, les oiseaux chantent et c’est le début d’une belle journée qui s’annonce.
Je pars chez le dépanneur pour acheter des ballons car je me suis aperçue qu’il n’y en avait pas.
À mon retour j’ai appris qu’il avait été très chafouin. Je me suis dirigée à la cuisine pour me servir une ristrette puis je suis repartie retrouver mon fils dans le jardin. Il a couru vers moi et je me suis accroupie pour le serrer fort dans mes bras et lui faire un gros câlin rempli d’amour.
La fête peut commencer.

(Groupe 2)

 

r2

LE SALOUVA – HABIT TRADITIONNEL MAHORAIS

Je m’appelle Roianfati, j’ai 16 ans et je vis à La Réunion depuis 7 ans. Je suis née à Mayotte.
Le salouva est un habit traditionnel mahorais qui évoque pour moi mon pays et mon enfance ainsi que les coutumes et traditions de ma famille.
Lorsque je vois un salouva plein d’images nostalgiques viennent dans ma tête : le salouva est porté dans les grandes occasions comme le mariage ou toute fête religieuse. Il représente et met en valeur la beauté mahoraise. C’est qu’il faut être la plus belle possible et faire bonne impression devant son mari et tous les champagnés présents.
Le port du salouva est depuis longtemps le vêtement traditionnel à porter et une cérémonie ne peut être envisagée sans celui-ci. C’est dans nos coutumes et je vais essayer de transmettre ça à mes futurs enfants.
Le salouva sert aussi à se protéger du soleil qui peut être brûlant à Mayotte mais hélas ce n’est pas un vêtement pour se protéger du dracher.

(Groupe 3)

 

l4Arrivée au milieu de la forêt, le vent souffle très fortement par cet après-midi d’hiver. Je n’aime pas cette saison car les paysages sont tristes et ça me rend triste aussi.
La pluie se met à fariner lentement et d’un seul coup il se met à dracher. J’aurais dû rester chez moi à l’abri et bien au chaud ! Je cours sous l’arrêt du bus qui heureusement est tout près en attendant la fin de ce dracher.
Hélas il pleut de plus belle et il fait froid. Je décide de regagner ma voiture et de renter dans ma maison.
Le lendemain en sortant de chez moi ma voiture et ma cour sont recouvertes de poudrerie.
Décidément je ne suis pas faite pour cette saison, je veux du soleil et de la chaleur.
Je prends mon courage à deux mains et fait front à l’hiver… Je dois aller à l’école.

(Groupe 3)


 

Quatrième prix collectif de La Réunion :

Cédric Firaguay, Dylan Hoarau, Jean Baptist Vitry
Prépa foquale MLDS, lycée Roland-Garros, 97430 Tampon
Formatrice : Rita Grondin


r20LA CASCADE DE LANGEVIN

Pendant les vacances de Noël, avec mes amis Cédric et Dylan nous sommes partis à la cascade de Langevin.
Ce lieu charmant, reposant, agréable, très frais et authentique, est très prisé par les gens d’ici et les touristes.
Ce site se mérite, situé au fin fond du Sud sauvage, il étale sa simple splendeur dans la falaise volcanique.
Pour y accéder nous avons dû quitter la nationale et emprunter une route étroite du Sud sauvage. Nous avons roulé lentement, nous arrêtant de temps en temps, afin d’apprécier les paysages.
La route longe la rivière Langevin, l’eau est claire et de réputation glacée. Malgré tout, nous avons vu des enfants s’ébattre dans les petits bassins sous la surveillance des grands pendant que leurs mères lavaient du linge, les pieds dans l’eau, juste un peu plus bas.
Nous avons vu également un groupe de jeunes garçons jouant aux cartes à l’ombre d’un pied de zambresade.
Nous avions continué notre chemin cherchant un coin pour nous reposer. Et au détour d’un virage, en contrebas de la route, nos oreilles ont été alertées par un bruit d’eau, non pas un ruissellement doux et chantant, mais le bruit d’une chute d’eau sur des rochers. Et là, juste à notre droite, un petit sentier bordé d’herbes folles débouchant sur un bassin, ou l’eau ruisselait, déboulant sur les roches noires et luisantes. En levant nos regards, notre cascade, admirable, on aurait dit qu’elle jouait à taper sur les roches noires, chantait pour les oiseaux, les grands arbres et pour les gens qui lui rendaient visite.
L’eau dégoulinait d’un côté, un autre bras à gauche jetait, du haut de la falaise, un jet d’eau furieux. D’en haut, un voile blanc couvrait la roche noire et glissait sa dentelle sous une légère buée. Des herbes et plantes à fleurs sauvages étaient nichées dans les petites crevasses et balançaient doucement leurs feuilles gorgées d’eau.
De grands arbres sentant bon la forêt ouvraient leurs branches pour permettre aux visiteurs de profiter de l’ombre fraîche.
Nous avions alors fait notre choix, c’était là. L’endroit idéal pour notre pique-nique. L’eau glacée ne nous avait pas fait peur, surtout que, avant d’entrer dans l’eau nous avions bu un ristrette bien chaud que Cédric avait emmené dans son thermos, il adorait boire un ristrette, afin d’avoir plus d’énergie. Notre plaisir a été de nous placer sous les chutes d’eau. Nos épaules se ployaient sous les jets et l’eau très glaciale nous avait fait pousser des cris. Nos éclats de rires ont ameuté la jolie Angelina qui, comme nous sûrement avait été à la recherche d’un coin charmant. Elle était accompagnée de Lucy la copine de Dylan, elles nous avaient alors rejoints directement dans l’eau. Dylan, amoureux fou, avait voulu se faire remarquer par Lucy. Fougueux comme un jeune lion, il avait grimpé sur la falaise pour faire « la bombe ». Il était fada, et nous étions là, nous avions retenu notre souffle, arrêté nos jeux et rires, l’instant était trop solennel.
Il était à mi-hauteur de la falaise et ses orteils s’accrochaient aux aspérités de la roche mouillée.
Nous savions que tous les jeunes du village et d’ailleurs faisaient ce genre de plongeon, mais jamais nous n’avions pensé que « notre Dylan », d’habitude très calme, aurait eu l’idée de se lancer ce défi. Mais l’amour fait pousser des ailes dit-on.
Perché tel un jeune « coq bataille » il se préparait à plonger. Dressant ses épaules, la tête penchée en avant, les genoux fléchis, prêt. Nos regards ne l’avaient plus quitté. Et…
Voulant trop assurer son exploit, peut-être trop sûr de lui, il avait oublié que les roches des cascades étaient des rebelles, un mouvement de trop, un léger déséquilibre et nous avions assisté aux plus beaux ébats de « rattrapage de saut » et à une chorégraphie désordonnée de Dylan, ses bras et jambes s’étaient affolés, il avait essayé de se rattraper, mais peine perdue.
Il avait compté nous mettre plein la vue avec son plongeon et c’était d’un « flop » monumental qu’il nous avait fait mémoriser.
Et nous avions eu alors un fou rire général, surtout que tout décontenancé, il était sorti de l’eau, rouge de honte, n’osant pas nous regarder, surtout « lucy ».
Mais après quelques secondes de récupération, il avait pris le parti de rire de lui-même.
En temps normal Dylan était un garçon simple, responsable et généreux et pas du tout casse-cou.
Ce jour-là, le cadre, l’environnement, la présence des filles l’avait probablement perturbé, ce qui a poussé notre copain à se mettre en danger.
Mais Aujourd’hui quand nous nous remémorons ce pique-nique, nous en rigolons encore, car dans notre mémoire, ses ébats sont restés gravés.

 

l13RENCONTRE D’UN AUTRE MONDE… SONGE OU RÉALITÉ ?

Le 21 juin 2014
14:40 :
Avec mes deux amis, Cédric et Dylan, nous nous demandons où nous pourrions passer une partie de nos vacances.

Dylan prend la parole et propose de camper à la belle étoile, à mon tour je propose de faire un voyage, mais Cédric n’est pas trop pour, il n’a pas les moyens financiers. Aimant les sensations fortes, il propose alors une sortie dans un « château hanté ». Nous sommes tous d’accord. Nous nous lançons le défi de réveiller les fantômes. Donc nous rentrons tous chez nous pour nous préparer.
Le 22 juin 2014 :
05:00 :
je pars les chercher en voiture, Dylan et Cédric étaient devant le lycée du coin. Nous roulons toute la journée.

18:45 : Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres du château et nous nous décidons de nous arrêter au dépanneur.
Notre petit déjeuner vite avalé tôt ce matin, est bien loin. Le casse-croûte avalé en quatrième vitesse vers 13h est bien loin lui aussi.
Nous achetons des biscuits secs salés, des mini sandwichs et de l’eau, juste pour caler une petite faim, qui en réalité est grande.
Fini de manger nous reprenons la route.
19:20 : L’arrivée au château : il a fière allure, avec un clocher, plutôt une sorte d’horloge, sur le côté du bâtiment. Le toit en forme de coupole, assez original. Nous nous regardons mutuellement et sans parler nous pensons tous que le nom «  château hanté » ne convient pas bien à ce type de bâtiment. Des fantômes là-dedans, un attrape touristes sûrement. En plus il commence à dracher, vite nous sortons de la voiture.
À notre grande surprise, sous un grand parapluie noir, un vieux monsieur sans âge défini vient à notre rencontre.
Il est courbé et marche à tout petits pas, un regard vif, perçant, un sourire figé collé sur son visage osseux. D’une voix trop grave pour sa silhouette maigrichonne, il nous salue et nous prie de le suivre. Exténués par cette journée de route et l’estomac pas bien rempli, nous partons directement dormir. Par économie, nous avons réservé une chambre familiale et nous sommes tous les trois dans la même chambre, chacun son petit lit. Fatigués, après une douche rapide, nous sautons dans nos draps.
Le 23 juin 2014 :
00:10 :
Cédric, apeuré nous réveille. En sursaut nous le regardons, il est tout pâle, tremblant, suant à grosses gouttes, les yeux exorbités.

Nos yeux encore remplis de sommeil, notre cerveau pas réveillé du tout, nous mettons un certain temps avant de comprendre la situation.
Il essaie de parler, mais aucun mot compréhensible ne sort de sa bouche grande ouverte.
Après quelques secondes de récupération, nous lui demandons de se calmer et de nous expliquer. Sans voix, il nous montre la porte de la chambre.
Surpris et en même temps curieux, Dylan se dirige vers cette grande porte imposante. Moi, je ne suis pas assez courageux pour le suivre.
Un silence lourd pèse sur nous.
Derrière la porte, nous entendons des chuchotements, des voix creuses, caverneuses, et des bruits de talons tapant sur le plancher en bois du large couloir.
Mon cœur bat très fort, sûrement mes tripes sont nouées. Je crois bien que je suis un trouillard, et d’un coup, en un instant de lucidité, je fonce sur la porte, pousse Dylan sur le côté et ouvre un battant.
Et ce que nous voyons alors…
Nous yeux exorbités, nous assistons à une scène inimaginable.
Dans le grand couloir, une femme danse, sa robe en voile blanc tournoie autour de son grand corps maigre. Nous ne voyons pas ses yeux, enfoncés dans des orbites cernés.
Le visage blanc cendré, les joues creuses, un cadavre ambulant.
Ses talons tapent le plancher. Mais non ! Nous entendons le bruit des talons, mais nous ne voyons pas de chaussures ni de pieds.
Elle n’a pas de pieds !
Sa longue robe lui arrive environ aux chevilles, mais un vide sépare le jupon du sol. Elle fait de grands gestes nous faisant signe de venir avec elle.
Figés par la peur, les secondes paraissent des siècles.
Dans un état second, je ferme la porte d’un geste violent.
Et, tous les trois, dans un instant de survie, nous attrapons la chaise, les tables de nuit, pour bloquer la porte.
L’imposante armoire subi le même sort, la peur nous donne des ailes.
01:10 :
Assis sur nos lits, sans parler, sans bouger, nous attendons, la peur au ventre, toujours des bruits sourds de talons sur le plancher et en arrière-fond des rires, des rires effrayants.

Nous tirons les draps sur nous, nos têtes fourrées sous le traversin.
05:00 :
La sonnerie de mon téléphone fait sortir des draps nos trois têtes ahuries. Dehors plus aucun bruit.

Assis sur nos lits, d’un regard circulaire, nous détaillons notre chambre.
Et…
Chaque meuble est à sa place, l’imposante armoire, les tables de nuit, nos chaises.
Nos sacs à dos bien rangés contre notre lit.
Nos trois regards ahuris montrent nos questionnements : réalité, cauchemars ?
07:30 :
En silence, nous entrons dans la grande salle, nous avons faim mais nos estomacs sont encore trop serrés. Nous entrons dans la salle à manger, des bruits de couteaux, cuillères tintent à nos oreilles.

Des gens « normaux » prennent le petit déjeuner. Une charmante jeune fille vient vers nous et nous propose une table.
Doucement, nous reprenons nos esprits, nous mangeons en silence.
D’un commun accord, nous décidons de rentrer chez nous, pressés de quitter ce lieu.
12:30 :
Nous nous arrêtons, sur une aire de pique-nique, loin de cet endroit, nous revivons.

Nous prenons le temps de manger nos sandwichs, et enfin nous reparlons des événements de cette nuit passée.
Avant de reprendre la route nous reconnaissons que nous sommes tous les trois un peu fadas pour avoir lancé ce défi. Et nous jurons de garder notre secret, juste pour ne pas être des rigolos auprès de nos amis.


 

Cinquième prix collectif de La Réunion (4 groupes) :

Groupe 1 : Ludovic Cousin, Christopher Rodes
Groupe 2 : Jules Lim Houn Tchen, Julien Dubourg, Tony Dijoux
Groupe 3 : 
Mickael Deletre, Alexandre Padre
Groupe 4 : 
Rony Dejean, Emma Maillot, Bryan Maillot
URMA Saint-André, CFA Chambre des métiers
Formatrice : Yvelle Ponoma

 

r4

Le bichique est un nom malgache, c’est un petit poisson qui vit dans l’eau douce, il est excellent grimpeur grâce à sa ventouse ventrale, il peut remonter des cascades de plusieurs dizaines de mètres de haut. Il se nourrit des mollusques qui sont sur les roches, il se reproduit en rivière de janvier juin. Une femelle peut pondre de 60.000 à 70.000 œufs, puis les larves sont entraînées vers la mer pour se développer.
Le bichique à La Réunion est très cher mais savoureux à manger c’est le caviar réunionnais.
Les Réunionnais mangent ce caviar avec du riz blanc, des haricots blancs, du rougaille de tomate ou de mangue à l’occasion des fêtes de fin d’année.
Il a aussi sa propre fête au mois d’octobre sur la côte Est, car c’est surtout sur la côte la plus arrosée de mon île que cette pêche est pratiquée. Sur certaines périodes lorsqu’il drache énormément, cela permet des remontées de bichique. La rivière des roches est un haut lieu de la pêche aux bichiques. La rivière est divisée en plusieurs canaux, construits de galets entassés et de sacs de sable de 10 à 20 kg.
Nous sommes heureux quand nous mangeons ce plat, nous le trouvons délicieux quand nos parents préparent ce carry et nous les jeunes nous allons continuer à poursuivre la pêche traditionnelle afin de pêcher les bichiques car les acheter avec les vendeurs c’est très cher.

(Groupe 1)

 

l2

C’est une petite moto qui vient du Limousin de couleur bleu blanc vert. C’est un outil qui sert à se déplacer partout dans le Limousin surtout sur les chemins de terre. Cette moto contient un moteur de 80cc environ. Une moto idéale pour un enfant de 10 à 14 ans.
Cette moto a des pneus adaptés au gros freinage. On voit ce genre de moto dans les compétitions pour enfants, la moto est un moyen de transport pour se déplacer.
Depuis avril 2013, il existe un rassemblement autour de la moto ancienne et classique organisé à l’entrée du bourg de Saint-Priest-Taurion (espace Vienne et Taurion) tous les troisièmes dimanches du mois. Ouvrant 2 heures entre 10h et 12h, chaque personne qui le souhaite est invitée à venir partager une ristrette et discuter de moto en toute tranquillité. Quand il drache la moto n’est pas un outil adéquat et il est impossible d’en faire quand il y a de la poudreuse car cela représente un fort risque de chute pour les motards.
Le tap-tap peut servir à transporter la moto sur les terrains de moto-cross.

(Groupe 2)

 

r7Le kayamb est un instrument de musique utilisé dans les Mascareignes pour jouer le séga et le maloya. Il est appelé kayamb à La Réunion. Cet instrument qui incarne l’âme et la musique réunionnaises à lui seul résume toute l’histoire de l’île, l’héritage des esclaves des plantations de la canne à sucre. Ce sont eux qui ont construit les premiers kayambs avec ce qu’il trouvaient dans les champs : du bois, des graines et des tiges de fleur de canne.
En tant que jeune, nous apprenons à fabriquer le kayamb chez nous, avec des musiciens dans la forêt de bambou mais aussi en maison de redressement dans le cadre d’une formation.
Pour fabriquer un kayamb il faut :
• Une tige de fleur de canne.
• Une tringle de bois de sapin.
• Des graines de safran ou de lentilles.
• Un petit marteau, un cutter, un mètre, une paire de ciseaux, une boîte de clous.
La fabrication est très simple, on fabrique un cadre en bois léger, on perce les tiges de fleur, on les assemble puis on pointe avec les clous. Pour finir on se sert du cutter pour couper les bords qui dépassent. Les graines de safran sont mis à l’intérieur et ce sont ces graines qui font le son du kayamb.
Nous, les jeunes nous avons vu nos parents utiliser cet objet pour les fêtes religieuses. Nous poursuivons le chemin des ancêtres de nos parents lors des cérémonies religieuses. Nous l’utilisons aussi pour rentrer en transe et lorsque nous participons à ce genre de cérémonie, nous devenons tous un peu fadas.
Quand on joue du kayamb on ressent une certaine liberté, de la joie, le son du kayamb nous procure des frissons et nous fait du bien. Il fait danser toute la famille lors d’un pique-nique en plein air.
Le kayamb fait partie de nous, il est vraiment l’instrument préféré des Réunionnais, il est entendu partout dans l’île.
Nous l’utilisons pour la fête de la libération des esclaves le 20 décembre. Cette fête est appelée chez nous la fête « kaf » et ce depuis 1948, elle est devenue une tradition pour les Réunionnais et le joueur de kayamb est le champagné de tout un peuple.

(Groupe 2)

r6La vouve est un outil de pêche traditionnelle typique de La Réunion, principalement utilisé pour pêcher des petits alevins comme des bichiques. C’est un objet que l’on coince entre les rochers, la gueule tournée vers la mer. Les bichiques entrent dans la vouve en remontant la rivière et se retrouvent coincés.
Pour pêcher les pêcheurs utilisent aussi les filets moustiquaires (filet à maille très fine). La vouve sert à pêcher aussi d’autres poissons ou fruits de mer comme des langoustes, des crevettes, des chevalines, des camerons, des loches et des crabes, etc.
Cet objet est aussi utilisé en tant que décoration ou de lumerotte dans les maisons créoles. La pêche à la vouve est utilisée en saisons de grosses pluies pour les bichiques au mois de novembre et de décembre au moment des fêtes de fin d’année et pour les autres petits poissons la vouve est utilisée selon la saison.
Cet objet est fabriqué en nique de coco tressé et en fil de coton frotté dans la cire d’abeille à l’époque de l’esclavage. C’est aussi un objet artisanal qui est vendu dans les marchés couverts ou les marchés forains.
Nous, les jeunes, nous sommes toujours émerveillés d’aider et de voir nos parents utiliser cet objet car il nous permet de manger de bonne chose et aussi de faire des petites sorties au bord de la rivière en famille. Ça nous permet aussi de garder les habitudes et les traditions de nos parents et aussi pouvoir transmettre le savoir-faire de génération en génération.

(Groupe 3)

photo_concours_clafoutisLe bœuf du Limousin est une race existant depuis très longtemps et est originaire du Limousin. La limousine est renommée dans cette région par rapport à la production et sa viande de qualité.
La viande de bœuf limousin est valorisée par le Label rouge correspondant aux animaux exclusivement de race limousine âgés de 28 mois et de mois de 10 ans.
Ce sont des animaux 
vigousses élevés de façon traditionnelle dans le respect du cycle de la nature. L’élevage d’une vache limousine comporte après la naissance une phase d’environ 8 mois au pâturage avec sa mère pendant laquelle elle va consommer du lait maternel et commencer à brouter de l’herbe. Après le sevrage, son régime alimentaire alterne des phases de pâturage exclusif, sans autre aliment, au printemps, en été et en automne en saison de drache avec des phases d’alimentation en bâtiment. L’hiver quand l’herbe ne pousse plus, reposant sur du foin ou autre fourrage conservé tel que l’ensilage auquel on rajoute des céréales et des tourteaux.
La finition des animaux se fait à base de fourrages complétés par des céréales et des protéines végétales.
En élevage, sont également contrôlés le changement de durée de finition, le logement, les conditions de vie des animaux mais également leurs conditions d’abattage qui influencent la qualité du produit final.
La cuisine du Limousin se base principalement sur le bœuf élevé traditionnellement dans les pâturages limousins et aussi à La Réunion.
La viande limousine est une viande de très haute qualité pouvant être cuisinée :
• en burger à base de bœuf limousin, de bacon et de sauce cantal accompagné de frites,
• en pâté de pommes de terre et de viande du Limousin accompagné d’une salade verte,
• ou en potée limousine composée de pommes de terre, de carottes et de morceaux de bœuf.

(Groupe 3)

l9Le Limousin est une région française composée des trois départements de la Corrèze (19), de la Creuse (23) et de la Haute-Vienne (87). Elle est située en totalité dans le Massif Central dans la partie nord-ouest de ce dernier. Ses habitants sont appelés les Limousins. Le Limousin est la seule région française avec la Franche-Comté à posséder une cohérence culturelle et territoriale.
Le Limousin est aussi réputé par ses spécialités de cuisine. La cuisine du Limousin s’appuie sur des spécialités du chou, par exemple le chou frisé.
Le chou frisé dit kole fait partie de ces légumes qu’on peut aimer ou détester. C’est un aliment nutritif riche en vitamine C, il se consomme cru ou cuit, on peut le cuisiner de diverses façons. On peut faire différents plats, par exemple :
• la potée du Limousin : c’est une sauce limousine à base de chou,
• Choux farcis à la limousine c’est une recette de grand-mère un peu plus traditionnelle. Il peut accompagner une viande.
On peut trouver le chou frisé dans les supermarchés, les marché et les dépanneurs. Le chou frisé est un peu moins résistant au froid que son frère le chou lisse et a un cycle de végétation plus long en général. Le chou frisé ne résiste pas quand il y a trop d’eau et lorsqu’il drache.

(Groupe 4)

r5Il y a très longtemps, nos ancêtres élevaient des cochons. Les cochons étaient noirs et blancs. Les cochons étaient transportés dans des tap-tap pour la vente et pour leur consommation. Nos parents tuaient les cochons et les nettoyaient puis ils mettaient la viande à tremper dans le sel fin et enfin la viande était déposée dans le boucanier sur une grille en bois ou en fer pour être fumée et séchée.
Le boucanier est installé dans des paillettes. Notre génération ne peut pas tuer le cochon car nous vivons dans des appartements mais au bord d’une rivière ou chez la famille en forêt nous pouvons le faire.
Cette viande, une fois séchée au feu de bois s’appelle le « boucané », on le coupe en petits morceaux. Elle est préparée sous forme de rougaille ou de carry accompagné des grains. Le plat est servi avec du riz.
C’est un plat réunionnais consommé à la case du Réunionnais. On le retrouve même à l’occasion des fêtes de fin d’année.
Aujourd’hui, on retrouve ce plat vendu au supermarché sous vide ou dans les restaurants et dans les camions bar.
Le boucané est aussi préparé avec des tomates, oignons et thym. Nous, les jeunes nous continuons la tradition de nos parents.

(Groupe 4)


 

Premier prix individuel de La Réunion :

Denise Ravaonasolo
Case à lire Le port – Association Proxima  Saint-Denis
Formatrice : Frédérique Naïs

 

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LE RAMANONAKA – PETIT DÉJEUNER MALGACHE

Je suis malgache et nous mangeons du ramanonaka au petit déjeuner. Ce petit déjeuner est typiquement malgache. Il est composé de riz, de sucre, de sel et d’eau.
J’achète tous mes produits au marché ou quelquefois s’il me manque un ingrédient je vais dans un dépanneur qui se trouve tout près de chez moi. J’adore aller au marché parce que je revois des amis avec qui je travaillais avant lorsque je vendais des cacahuètes.
J’achète la poudre de riz et le sucre toujours avec la même vendeuse. En passant, je profite pour acheter des fruits pour mes enfants. Ils adorent les fruits et sont surtout fadas des bananes.
Le ramanonaka est très simple à préparer.
Je mets la poudre de riz dans un bol avec de l’eau et du sucre et un peu de sel. Puis je verse le tout dans une casserole que je mets sur le feu pendant cinq minutes en remuant avec une cuillère.
Lorsque c’est prêt je déguste mon ramanonaka accompagné d’une ristrette. Cela me rappelle mon pays que j’aime tant, Madagascar.

 

photo_concours_clafoutisLA CUEILLETTE DES POMMES

J’aime la pomme mais je n’ai jamais vu de pommiers. Je suis habituée aux bananiers, aux manguiers, aux cocotiers et autres arbres fruitiers des tropiques. Peut-être que pour les gens qui vivent dans le Limousin ces arbres tropicaux font rêver ? Mais moi, c’est un pommier que je voudrais voir au moins une fois dans ma vie. Je ne suis jamais allée en France mais je rêve d’y aller !!
Prendre l’avion, voir la neige et me retrouver dans une poudrerie, sentir le froid vigousse, prendre le TGV et pourquoi ne pas cueillir des pommes que je pourrais manger tout de suite comme je le fais avec les mangues dans mon pays.
Je m’imagine au milieu du champ rempli de pommes et avoir dans le nez l’odeur de la pomme mûre. Ce serait un vrai bonheur de pouvoir voyager et rencontrer les gens qui comme nous participent au concours. Je pourrais leur apporter des fruits de mon pays et eux ils pourraient m’emmener cueillir des pommes dans leur jardin.
Je ferai des tartes, des compotes, de la confiture et j’inventerai d’autres recettes pour les enfants à côté d’une cheminée et nous regarderons tomber la neige.


 

Deuxième prix individuel de La Réunion (Prix de l’ANLCI) :

Ophélie Lafable
EPEI Saint Denis – PJJ Saint Denis
Formateur : Hamid Larbi

 

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Bonjour
Je me présente je m’appelle Ophélie, j’ai 17 ans, je suis réunionnaise, je suis métissée malbaraise et malgache. Je suis fière de l’être, je suis très heureuse de vous raconter mon histoire, j’espère que cela vous plaira.
Tous les matins quand je me lève, je prends mon ristrette. J’adore ça, ça me rend toute vigousse.
Un beau matin quand je me suis réveillée j’avais envie de partir à la plage pour moi c’est mon petit coin, là où je m’évade de tous les problèmes de ma vie.
Se retrouver en famille à pique-niquer pour moi la plage c’est l’endroit le plus merveilleux du monde. C’est naturel la mer et ses belles vagues, et les poissons de toutes les couleurs. Tout cela me rend fada, quand je suis à la plage je me sens libre, inspirée.
À La Réunion on a beaucoup de choses, des pailles-en-queue on les aperçoit surtout quand c’est fini de dracher. Ils sont beaux, c’est des oiseaux qui ont de longues queues, ils volent dans le ciel.
La Réunion c’est une île pleine de beauté. Nous les Réunionnais, Réunionnaises nous avons beaucoup de métissage, malbar, malgache, créole, chinois, mahorais, arabe et encore d’autres.
Notre île est magnifique, la montagne, les rivières, les oiseaux différents, les animaux, la nature, les fleurs et aussi les fruits qui sont tous très bons. Les letchis, les longanies, les mangues, les ananas, les cerises et les avocats.
On est bien ici !

 

l7HISTOIRE DU LIMOUSIN

Il était une fois, j’avais pris l’avion pour la métropole pour passer des vacances dans le Limousin, j’avais entendu que dans le Limousin on faisait du bon vin.
Un beau jour, je suis partie dans un bar à vin, je n’ai vraiment pas regrettée car c’était excellent.
J’ai posé une question au vendeur du vin : « Où se situe les champs de vignes ? ». Il me répondit qu’il préférerait venir avec moi, m’accompagner.
J’ai accepté sa proposition. Lorsque nous sommes arrivés à destination, le vendeur m’a dit qu’il repart continuer son travail et me laisse profiter. Je lui ai répondu : « Pas de souci, merci ».
Je suis entrée dans le champ de vignes, c’était impressionnant et très beau.
Les vignes c’étaient comme des lumerottes, les couleurs me rappelaient celles des flamboyants de La Réunion, je voyais les vignerons dans leurs tap-tap, c’était good !!!