Les lauréats du Limousin

Les prix du concours attribués aux lauréats limousins par le jury réunionnais
(Remise des prix le jeudi 31 mars 2016)


 

Premier prix collectif du Limousin :

Aïda, Fabienne, Fadumo, Georgette, Magali, Marie-France, Marie-Madeleine et Michelle
Clafoutis
Formatrice : Bernadette Lopez

 

SAMSUNG CAMERA PICTURESÀ l’heure des repas, de nombreuses odeurs vont venir chatouiller nos narines et on pourra déguster des plats aux saveurs africaines, chinoises, européennes, indiennes ou encore malgaches. Une cuisine métissée faite d’épices comme le massalé, le piment, le curcuma, le combava, ou la coriandre. On pourra se régaler avec une rougail saucisse, mais aussi un cari cabri, il ne faudra pas non plus oublier la fricassée de brèdes. Je ne résiste pas, je vais vous proposer la recette de mon cari de brèdes à la limousine.
• Prenez un morceau de cochon cul-noir de Saint-Yrieix
• 2 échalotes
• 3 tomates bio de votre potager
• 1 citron
• Et comme je n’ai pas de brèdes, je remplace par des blettes, à la prononciation, c’est presque pareil… Au goût ?
Faites revenir vos morceaux de cochon, avec les échalotes émincées. Ajoutez les tomates pelées et épépinées. Pour que le plat devienne vigousse, n’oubliez pas d’ajouter les épices, sel, poivre, gingembre, curcuma et un peu de piment. Laissez mijoter pendant 30 minutes.
Pendant ce temps, lavez, coupez et faites revenir les blettes dans une poêle. Servez le tout dans une grande marmite, à la réunionnaise.
Les ventres champagnés n’y verront que du feu, blettes-brèdes !

(Fabienne et Michelle)

 

r26Pour moi, la vanille, c’est un peu comme la madeleine de Proust.
La vanille, c’est la compote cuite dans une marmite en fonte sur le bord de la cuisinière, cette compote qui collera au fond de la casserole, laissant échapper dans toute la pièce des odeurs de caramel vanillé.
La vanille, c’est aussi la crème anglaise dans laquelle aura infusé la gousse que l’on grattera pour parsemer de petits grains noirs l’île flottante.
La vanille c’est aussi les crêpes au sucre parfumé à la vanille bourbon.
La vanille, c’est ce parfum de volupté du gel douche, au nom tellement évocateur des îles que l’on utiliserait tout le flacon en une seule fois.
La vanille, c’est aussi l’arôme d’un ristrette qu’elle peut parfumer.
La vanille, c’est aussi les tajines sucrés-salés auxquels elle donne un goût si particulier surtout si on l’a associée au gingembre.

(Georgette et Fabienne)

 

r27Nous ne pouvions pas ne pas aller visiter une exploitation de vanille, lors de notre  voyage sur l’île de La Réunion. C’est en tap-tap que nous nous sommes rendus sur les lieux. Dès notre arrivée, nous avons tout de suite été enivrés par le parfum. Nous avons été accueillis par une jeune fille à l’air chafouin.
Elle nous a guidés et expliqué les différentes étapes de la vanille, de la plantation à notre table.
La vanille est une sorte d’orchidée vanille qui donne des gousses.
On ramasse la vanille quand elle est mûre, autrement dit, quand les gousses ressemblent à des haricots verts.
On fait sécher les gousses au soleil, jusqu’à ce qu’elles deviennent marron.
La vanille nécessite beaucoup de travail, chaque étape étant très importante afin d’obtenir un produit de qualité. La vanille est un produit noble.
Confortablement installé dans son hamac, un champagné, fumant son cigare, regarde les femmes s’occuper de  la vanille,  sans nous accorder le moindre intérêt.

(Aïda, Michelle et Fadumo)

 

r23r24Shampooing, bain moussant, eau de toilette…
Yaourt, thé, glace, sucre…
Tous ces produits que je peux acheter chez le dépanneur nous font penser à la vanille.
Quand la poudrerie recouvre le sol, tous ces produits quand on les utilise, nous font voyager et nous permettent de rêver au soleil, même s’il n’y en pas toujours dehors.

(Aïda, Fabienne, Fadumo, Georgette et Michelle)

 

 

r13Ces jolies belles Réunionnaises en costumes aux couleurs chatoyantes s’échauffent sur des rythmes de djembé. Dans quelques minutes, les hommes arriveront, les couples se formeront. La musique aux accents de salsa et de calypso qu’on appelle le séga fera tourner les têtes. Sur cette musique enivrante, et tellement sensuelle, les couples feront glisser leurs pieds sur le sol sans jamais les lever. L’homme et la femme se dandineront, se frotteront. Descendant doucement, pour se retrouver à genou face à face, dans une position un peu ristrette qui pourra donner des idées, à quelques chafouins, pour conter fleurette, aux jolies filles.

(Aïda, Fabienne, Fadumo, Georgette et Michelle)

 

r31L’île de La Réunion, située dans l’océan Indien, réunie sans complication toutes les couleurs et toutes les religions. Le métissage y a une vraie place.
Nous, les cerises de Clafoutis, comme l’île de La Réunion, nous offrons une multitude de visages. Nos cerises n’ont pas une couleur, elles sont de toutes les couleurs, il y en a des blanches, des noires, des café au lait…
Comme les Réunionnais, les cerises sont catholiques, hindoues, musulmanes et bouddhistes.
À Clafoutis, on parle français, mais nous aussi notre langue est parfois très imagée, comme le créole, elle est haute en couleur. On pourrait nous prendre pour des fadas, on dit que l’on baragouine.
De ce métissage tant à Clafoutis qu’à La Réunion il se dégage une grande amitié.
L’île de La Réunion, Clafoutis, une véritable illustration du vivre ensemble !

(Aïda, Fabienne, Fadumo, Georgette et Michelle)

 

photo_concours_clafoutisCHABAZ  D’ENTRAR : UNE EXPRESSION BIEN LIMOUSINE

Voilà une expression bien limousine, une expression qui fait partie de notre patrimoine.
Elle vous sera dite par votre hôte d’un ton vigousse. Depuis les temps anciens, Chabatz d’entrar est l’expression qui accueille le visiteur chez les Limousins. Mais que signifie Chabatz d’entrar ? Tout simplement finissez d’entrer. Or, si je finis, j’arrête ou je termine ?
Si je suis sur le pas de la porte, je dois arrêter de pénétrer dans l’appartement ou bien terminer ma progression et entrer dans l’appartement ?
Quel dilemme !
Voilà bien une formulation à rendre fada, le nouveau venu.

(Aïda, Fabienne, Fadumo, Georgette, Marie-Madeleine et Michelle)

 

photo_concours_clafoutisLA POMME DU LIMOUSIN

J’ai décidé de vous parler de la pomme, celle qui mûrit à l’automne dans les nombreux vergers du Limousin. Pas de la pomme, ce fruit rendu célèbre par la belle-mère de Blanche-Neige. Pas de la pomme de Newton qui en recevant une pomme sur la tête, a déduit la loi de la Gravitation universelle. Pas de la pomme de Guillaume Tell, qui pour prouver qu’il était bien le meilleur arbalétrier, transperçant la pomme sur la tête de son fils…
C’est grâce la désobéissance d’Ève que nous avons découvert la pomme, ce fruit aux milles vertus.
La pomme est devenue un des symboles du Limousin. Elles sont belles et bien jaunes, et portent le nom de pommes golden. Elles ont un label qui assure leur qualité.
Un président de la République issu de notre région en avait fait un slogan de campagne : « Manger des pommes ». Ce qui avait permis à nos pommes de gagner en notoriété.
C’est en septembre que l’on commence leur cueillette. Les cueilleurs, vêtus de cirés ou de grandes capes imperméables et chaussés de bottes en caoutchouc, ramassent les pommes à la main, et les mettent délicatement dans le grand panier qu’ils portent en bandoulière. Une fois le panier plein, il faut déposer les pommes dans de grandes caisses. Attention, il ne faut pas  les mâcher. Ce travail est pénible, il faut être vigousse. Les paniers sont lourds, et puis il faut monter et descendre des échelles. De plus, à cette période de l’année, en Limousin, il n’est pas rare de voir dracher toute la journée.
Nos pommes, on peut les manger au couteau comme l’on dit ici, c’est-à-dire crue en croquant directement ou plus exactement en la coupant, avec son couteau, en morceaux pour la déguster. On peut en faire aussi des flognardes, délicieux gâteau limousin, mais aussi en compote, avec une pointe de cannelle.

(Marie-France Lalay)


photo_concours_clafoutis
LA PORCELAINE DE LIMOGES

Limoges, également surnommée « Capitale des arts du feu », tient son renom au travail de la porcelaine qui en a fait sa réputation.
La porcelaine de Limoges est née, entre 1767 et 1770, grâce à la découverte du kaolin, sorte de poudrerie blanche indispensable à sa fabrication. Le kaolin a été découvert à Saint-Yrieix-la-Perche, à côté de Limoges, en 1767. Jean-Baptiste Darnet signale l’existence de terre blanche utilisée par sa femme pour faire sa lessive. C’est à ce gisement que Limoges doit d’être la capitale de la porcelaine en France. En 1848, il y a 19 fabriques et 17 ateliers de décor à Limoges  et 10.000 ouvriers y travaillent.
On reconnaît la porcelaine fabriquée en Haute-Vienne grâce au tampon au vert de Limoges France associé aux logos du fabricant.
Actuellement, le secteur de la porcelaine représente, en Haute-Vienne, une douzaine de manufactures principales et 1.000 employés.
Depuis 2008, la porcelaine de Limoges est inscrite à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France.
La plus belle vaisselle de porcelaine orne les tables des dignitaires du monde entier, au ventre champagné. Et les cerises de Clafoutis boivent toujours leur café dans des tasses de porcelaine.

(Marie-Madeleine)

 

photo_concours_clafoutisLE CIMETIÈRE DE LOUYAT ET SES CÉLÈBRES PLAQUES DE PORCELAINE

Je me souviens
Je me souviens que le cimetière de Louyat est le plus grand de France.

Je me souviens qu’il a été créé en 1806.
Je me souviens qu’il est situé au nord de la ville de Limoges et que l’on pourrait l’appeler le « cimetière de la porcelaine ». Il recèle une spécificité bien locale, certaines sépultures portent en effet des plaques funéraires en porcelaine, représentant parfois le défunt dans des paysages verdoyants ou entouré d’anges. Ces éléments d’art funéraire valent le détour.
Je me souviens que des personnalités y sont enterrées comme  Léon Betoulle, Louis Longequeue, tous les 2 anciens maires de Limoges, mais aussi David et Charles Havilland, fondateurs d’une des plus grandes manufactures de porcelaine qui existe encore aujourd’hui. Et de Camille Vardelle, ouvrier porcelainier tué par l’armée française pendant les grandes grèves des mouvements ouvriers de 1905.
Je me souviens de l’allée de cyprès qui nous permet de le traverser sans s’apercevoir que l’on passe au milieu des tombes.
Je me souviens qu’au moment de la Toussaint, ou de l’anniversaire d’un défunt certains allument des lumerottes sur la tombe de leur cher disparu.
Je me souviens aussi que d’autres peut-être un peu fada, mettent aussi pour l’occasion de la musique et dansent autour de la tombe.

(Magali Simonet)


 

Deuxième prix collectif du Limousin :

Alexis et Serge
CEF des Monédières
Formatrice : Patricia Paugnat
Avec la participation de l’atelier art-thérapie pour le photomontage

 

l33LE BANTURLE DU LIMOUSIN

Dans notre belle région du Limousin,
On est toujours le banturle de quelqu’un.
C’est une façon d’être accueilli par les anciens,
Quand on est quelqu’un de rêveur,
Qui pense déjà au lendemain.
Plein d’entrain et d’enthousiasme dans les travaux,
Le banturle par son échec, peut devenir un fardeau.
Pas très passionné et en manque de courage,
Pas très vigousse, mais somme toute assez sage,
Du fada il n’a pas le visage.
Le banturle vit dans ce paysage
Aux multiples visages.

Tantôt les pieds dans la Vézère
Et les pensées aux Monédières,
Tantôt la tête au Mont-Bessou
Et le bassin à Brive ancré.
De ses yeux émerveillés,
Sa gare lui semble un palais
Imperial il prend le train
Sur le quai des Bénédictins.
Et les jardins de l’Évêché
Parfaitement agencés,
Lui laissent un espace idéal
Pour ses idées de grandes traversées.
La limousine, il aimerait la chevaucher
À l’orée des châtaigniers,
Mais cette viande au salon primée
À table, il préfère la déguster,
Chez lui près du cantou,
En finissant par des tourtous.

Toi aussi si tu venais chez nous
de banturle tu serais qualifié :
Si pour toi, il faut être saoul
Pour danser la bourrée,
Ou si tu écrasais les cèpes de tes pieds,
Au lieu de les ramasser.
Ou si encore tu confondais,
Notre vache limousine
À la Salers voisine.

Bien sûr que ce mot est à prendre au second degré,
Et le banturle lui-même peut le comprendre.
Mais vous devriez bien vous en méfier,
Il peut sortir un coup de génie et vous surprendre.
Bien loin de toutes ces insultes jetées en l’air,
On pourrait même dire que c’est plein d’affection
Puisque c’est un mot à nous d’hier qui reste dans nos traditions.

 

r13LE RÊVE DE SE RÉUNIONNER…

Moi, ce que j’imagine de La Réunion,
C’est une île où il fait bon,
Rythmée de belles mélodies
Et de chansons,
Où sur la plage nous dansons.
De jolies femmes vêtues de charmantes coutures,
Auprès d’elles je respire un air pur,
Une chaleur venue d’ailleurs,
Je nage en plein bonheur,
J’en oublie même l’heure,
Les jupes sont fleuries
Et leurs cheveux aussi,
Je me laisse envoûter
Par leurs doux déhanchés,
Sur ce rythme endiablé
Qui perturbent mes pensées.
Et comment résister
À leurs sourires chafouins,
Qui me transportent si loin
D’ici,
Où il drache aujourd’hui…


 

Premier prix individuel du Limousin :

Azziz Zouggarhe
Préparatoire APSAH
Formateurs : Dominique Grousselas, Marie-Pierre Darthout

 

l29Fada que je suis, je me trouve partout, j’arrive de loin, Je porte en moi un  jardin où j’expose mes espoirs et mes haines, mes désirs  et mes peines.
Je vous invite à y accéder et tout y partager sans être jugé.
C’est lui qui lumerotte ma route et dicte ma trajectoire, il est vert tel un arbre généalogique il a aussi un fond archéologique. Il a choisi ce coin pour être mon patelin.
Il  me fait voyager dans les temps, sa porte s’ouvre à mon sommeil et se ferme à mon réveil.
Un rêve me rappelle qu’un homme en moi multiple et caméléon sera mon compagnon.
Nous voyagerons à travers toutes les cultures et nous gouterons leurs désirs.
Nous découvrirons leurs gloires et leurs boudoirs, leurs histoires et leurs mémoires.
Nous traverserons les terres de Limousin pour transmettre un message de simple espoir.
« Paix et  fraternité » est notre devise, c’est ce qui est écrit dans notre sainte église.

(Azziz Zouggarhe)

 

r2J’aurais aimé voir votre visage
L’échange est mieux sans camouflage
Vous avez peur du piratage
Nous on l’a vu sous le nuage
Vos lèvres sont natures sans maquillage
Vos yeux grands et larges et c’est de l’amour qu’ils dégagent
Votre nez pointu comme la plupart de ceux de votre village
Vos cheveux noirs et lisses ressemblent à ceux du Christ
Les paysages qui vous entourent
Nous racontent votre parcours
La terre vous a offert la couleur
Les arbres de la grandeur
La rivière ressemble à votre mari
Elle vous a vue sans sari
Elle a envoyé votre odeur dans les safaris
Pour arroser les arbres assoiffés
Elle arrive à me dracher
Pour me raconter des secrets en mots fléchés

L’avenir nous dira si la rencontre se fera
L’échange entre deux âmes enrichira
Et si nous sommes fada on fusionnera
Ma main est tendue
Pour une simple amitié
Si vous l’acceptez
Je serais heureux d’être contacté
Je me trouve et représente tous les visages
Et qui sais je serais l’un de votre village.

(Azziz Zouggarhe)


 

Deuxième prix individuel du Limousin :

Maria de Fatima de Almeida
APSAH
Formateurs : Dominique Grousselas, Marie-Pierre Darthout

 

l32L’ERRANCE DU PARAPLUIE

Un matin de mon jeune âge Je suis réveillé, bousculé
Des conciliabules, des murmures, des secrets
Un nuage noir s’est installé dans mon ciel protégé
Il faut partir, vite partir sans réfléchir, ni sangloter
Je suis emballé hissé et aspiré sans pouvoir m’exprimer
Débarqué au pré Saint-Yrieix Je suis posé à l’entrée
Il faut attendre que le champagné m’autorise à rester.
Nuage noir, gris, blanc, transparent le temps est gagnant.
Le ciel s’éclaircit, Je trouve appui contre la porte d’entrée.

Pas de repos prolongé Je suis sollicité, choyé, promené,
Je suis très intrigué lorsque les occupantes du pré,
Les vaches, De grandes bêtes rousses, me regardent de biais

Fières que Je me pose sur leur croupe le temps du cliché
Je suis motivé, les barrières repoussées, mes couleurs évoluées.
Aureil, La Geneytouse, Solignac, Pont-Rompu, Châlus, Eymoutiers
Bénévent, Vassivière, Saint-Pardoux, Saint-Amand, Guéret
Sont mes repères dans cette adoption qui est amorcée.
Nuage noir, gris, blanc, transparent le temps est le gagnant.
Année collège, lycée, Je quitte les rouquines et habite la cité

Rue Porte-Panet se trouve mon palier, un trois-pièces meublé
Mes voisins chafouins, sont éberlués, J’ose les saluer
Peu habitués à de telles civilités, ils sont méfiants, enchantés
Je virevolte, Je tourbillonne, mes couleurs perdent en pureté
Je me rends à l’évidence, le Limousin est mon foyer
Même si Je n’y suis pas né, J’ai ma place dans la société.
Nuage noir, gris, blanc, transparent le temps est le gagnant.
Années de travail, mariages, naissances, décès ne m’ont pas épargnée,

Estompé l’espoir un jour de retourner vers le pays où Je suis né.
Mes racines se sont éparpillées tout au long de ces années,
Jusqu’à ce Limousin aux vastes prairies, et forêts démesurées.
Fada que Je suis, Je veux finir ici, mes appuis, mes amitiés,
Habitent cette terre, depuis quarante ans Limoges est mon terrier.
À mon arrivée, J’avais un récépissé, aujourd’hui Je décide en liberté.
Je veux être réparé, trimbalé, recyclé dans cette région aux mille horizons
J’habite le Limousin, Haute-Vienne, Limoges est ma maison.

Nuage noir, gris blanc transparent ainsi va le temps !

(Maria de Fatima de Almeida)

 

r12JE M’Y VOIS DÉJÀ ! OÙ QUE CE SOIT

Sur ce sable tout grisé,
Ou tu poses, mi-déroulé,
Tu nous permets d’imaginer,
Sur tes lamelles bombées,
Des bons moments espérés.
On aperçoit sur le côté,
La mer et ses beaux reflets.
Couleur émeraude, peu agitée,
Une seule envie, Y plonger.
En as-tu d’autres à proposer ?

Je ne sais pas où tu es,
Pas d’indice particulier.
Mais j’ai le droit de rêver.
Couleurs vives, vahinés,
Odeur vanillée, sucrée, épicée

Excursions en tap-tap obligées,
Sans qu’il se mette à dracher.
À toute heure de la journée.

Dans mes rêves suggestion,
Tu es à l’île BOURBON,
Nommée aussi LA RÉUNION !

(Maria de Fatima de Almeida)


 

Troisième prix individuel du Limousin :

Michelle Château
Clafoutis
Formatrice : Bernadette Lopez
 

 

r17Sur la plage ensoleillée
Coquillages et crustacés
Le tap-tap a amené
Les touristes par milliers.
À l’ombre des cocotiers
Les enfants équipés
De pelles et de râteaux
Feront de beaux châteaux.
Les plus chafouins
Pour dissimuler des oursins

Iront ramasser des algues
Apporter par les vagues.
Ceux restés sur le sable
Sous le ciel bleu
Profitant du soleil
Dans un demi-sommeil
Mangeront des sucettes
Proposées par des vendeurs à la sauvette

(Michelle Château)

 

r11Mains de toutes les couleurs
Mains fines, mains rondes, jolies mains
Mains qui dansent
Mains qui chantent
Mains qui parlent avec vigousse
Mains qui travaillent

Mains qui cuisinent
Mains qui caressent comme la poudrerie est caressée par le vent
Mains blanches, mains jaunes, mains noires
Mains de toutes les couleurs
Mains au langage universel
Celui de l’amour.

(Michelle Château)


 

Quatrième prix individuel du Limousin (Prix de l’ANLCI) :

Benoît Beloin
APSAH
Formateurs : Dominique Grousselas, Marie-Pierre Darthout


photo_concours_clafoutis
UN SONNET POUR DES CHÂTAIGNIERS

Vous Châtaigniers géants de la forêt
Que le Limousin vous représentez,
Aujourd’hui l’automne est bien arrivé,
Votre vert feuillage s’est envolé.

Lorsque ce jour vous m’aviez abrité
Forts de vos fruits piquants vous regorgiez,
Ce matin-là où hélas il drachait
Je me sentis vraiment réconforté.

Aujourd’hui malgré ce froid saisissant
Je vous rends visite de temps en temps,
En remerciant ce soleil rayonnant.

Grâce à lui vos cîmes sont embellies,
Une lumière sur vos troncs jaillit,
Une fois de plus je suis ébloui.

(Benoît Beloin)

 

r13RÉUNION AMBIANCÉE

Revenant par la plage de ma journée,
Étourdi, transporté par tant de beauté
Une musique, les déhanchés m’ont attiré.
Nobles rythmes métissés réunionnais,
Interpelé, tel un vrai fada je me suis lancé,
Ondulant mon corps, mon esprit transcendé,
Nul n’aurait pu dans cette nuit résister.

 

(Benoît Beloin)



Cinquième prix individuel du Limousin (Prix de l’ANLCI) :

Aïda Ahmed
Clafoutis
Formatrice : Bernadette Lopez 

 

photo_concours_clafoutisLE TROLLEYBUS

Quand je suis arrivée à Limoges, j’ai découvert le trolley. Savez-vous ce qu’est un  trolley ? Le trolley, c’est le tap-tap limougeaud en plus confortable. Sur son dos, il a deux antennes dressées qui glissent le long des fils électriques, s’inclinant, vibrant, crissant. Quand il arrive aux arrêts, les freins sifflent un peu, les portes s’ouvrent, et il y a des gens qui descendent à l’arrière pendant que d’autres montent à l’avant. Il y a même un trolley articulé beaucoup plus grand qu’un trolley classique, en fait c’est comme si deux bus étaient reliés par un gros accordéon en caoutchouc. Les trolleys sont adaptés à tout le monde, on peut le prendre même avec un fauteuil roulant.
Moi, je prends le trolleybus tous les jours pour me déplacer. Pour aller aux ateliers de Clafoutis, je dois même en prendre 2.
Et je trouve ce moyen de transport super, surtout les jours où il drache. Les premiers temps que je me déplaçais à Limoges, je trouvais très pratique le système d’annonces des arrêts, ils sont affichés dans le trolley mais aussi dit par une voix et pour moi qui ne suis pas toujours rapide pour lire, c’est super.

(Aïda Ahmed)